• La filière

L’histoire de la filière porc basque

Déclarée en voie de disparition en 1981 par le Ministère de l’Agriculture, le porc de race basque doit sa survie à une poignée d’éleveurs accrochés à leurs exploitations de montagne et engagés dans la sauvegarde de ce patrimoine commun.

Ils se donnent pour objectif de travailler avec le porc basque et d’en faire un outil de développement

  • 1981-1986: recensement des porcs basques avec l’Institut Technique du Porc : 25 truies et 5 verrats.
  • 1990: création de l’association «le porc basque en vallée des Aldudes»
  • 2001: création de « l’Association de Développement de la Filière Porc Basque »
  • 2001 : Dépôt d’une demande de reconnaissance en AOC auprès de l’INAO
  • 2001-2015 : Structuration et développement de la Filière

Cette association, c’est aujourd’hui la Filière Porc Basque Kintoa.

Des 10 éleveurs du début, ils sont aujourd’hui 80 adhérents avec 75 éleveurs, 3 transformateurs artisanaux, l’abattoir de Saint Jean Pied de Port, et le Séchoir Collectif des Aldudes.

marché

La race local

La race

Le porc de race Basque (ou encore Pie Noir du Pays Basque, ou Euskal Xerria en basque) fait partie des 6 races locales porcines françaises et constitue l’une des plus anciennes d’Europe. Comme les autres, elle a failli disparaître au profit des races dites « classiques » (Large White, Landrace : porcs roses) plus productives.

Héritage agronomique autant que culturel, le porc de race Basque a fortement influencé le développement de la société basque au fil de l’histoire. Dès le 12ème siècle, son élevage a notamment permis l’essor économique et le peuplement d’une zone située au cœur de l’ancien royaume de Navarre (l’actuelle vallée des Aldudes), dénommée « Kintoa » du nom de l’impôt que prélevaient les Rois sur les porcs qui y venaient en transhumance de tout le Pays Basque.

La baisse des effectifs date du début du XIXe siècle : les hommes déboisent fortement les collines du Pays Basque afin de libérer des terres pour le pâturage des brebis. La diminution des surfaces en hêtres, chênes et châtaigniers entraîne une moindre disponibilité en parcours pour les porcs.

Les élevages de porcs se déplacent alors des montagnes vers les plaines, de l’extérieur à l’intérieur des bâtiments situés à proximité des villes qui se développent fortement. Les races anglaises nouvellement introduites (Large White, Landrace), aux performances de production largement supérieures accélèrent le déclin du Porc Basque.

Une démarche vers l’AOP

Une demande d’Appellation d’Origine Protégée est toujours le fruit d’un cheminement long et complexe d’un groupe d’hommes et de femmes qui se questionnent sur la valeur du produit qu’ils ont entre leurs mains, et l’avenir qu’ils souhaitent lui donner.

De cette réflexion naît de la conviction profonde qu’ils détiennent un produit unique lié à des savoir-faire et à des traditions anciennes. Cela est particulièrement vrai pour les produits d’appellation Kintoa ( la viande fraîche et le jambon sec).

Conservation d’une race autochtone par un mode d’élevage traditionnel en plein air

Dès le début de la relance de la race, le groupe d’éleveurs s’est accordé sur un mode de production extensif, en plein air, d’une durée allongée respectant le rythme de croissance de la race, perpétuant ainsi les traditions présentes au sein du terroir depuis toujours. La reconnaissance en AOP permettra de préserver durablement ce mode d’élevage.

Maintien du tissu agricole rural, consolidation de l’économie locale :

Le fait que la production, la transformation et l’élaboration du produit aient lieu dans une zone géographique déterminée permet de conserver la valeur ajoutée sur le territoire, un atout pour l’économie locale.

De plus, une AOP valorise le métier d’agriculteur ; le milieu agricole est plus dynamique, avec toutes les incidences positives sur le tissu rural et la vie locale. Une AOP, c’est une garantie pour l’avenir des jeunes qui souhaitent s’installer en agriculture.

La valée des aldudes

Son organisation

La Filière compte 76 adhérents  dont 59 producteurs, 16 fermiers, 3 transformateurs artisanaux, l’abattoir de Saint-Jean-Pied-de-Port et le Séchoir Collectif des Aldudes.

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